L’information est tombée ce vendredi 13 février 2026 : la police de Gangnam, le quartier le plus huppé de Séoul, a révélé avoir perdu la trace de 22 Bitcoins (BTC). Au cours actuel, le préjudice est estimé à environ 1,5 million de dollars.
Ces fonds avaient été saisis en novembre 2021 lors d’une enquête criminelle. À l’époque, le suspect avait « volontairement » remis ses actifs aux autorités pour qu’ils soient conservés comme pièces à conviction.
Le mystère du portefeuille intact, mais vide
Le plus troublant dans cette affaire réside dans le mode opératoire :
- Le support physique est présent : Le « cold wallet » (une clé USB de stockage sécurisée) est toujours physiquement entre les mains de la police.
- Le contenu a disparu : Les Bitcoins ont été transférés vers un portefeuille externe sans aucune autorisation.
- Une détection tardive : L’enquête initiale ayant été suspendue, personne n’avait vérifié l’état du portefeuille depuis des années. C’est un audit national qui a révélé le « trou » dans la caisse.
Une série noire pour la justice sud-coréenne
Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. Ce nouvel incident s’inscrit dans une série de défaillances systémiques qui entachent la crédibilité des autorités :
- L’affaire Gwangju (Août 2025) : Le bureau du procureur avait perdu 320 BTC (plus de 20 millions de dollars). L’enquête avait révélé qu’un agent avait cliqué sur un lien de phishing, compromettant ainsi les codes d’accès.
- L’audit de 2026 : C’est précisément suite au fiasco de Gwangju que la National Police Agency a ordonné une vérification générale de toutes les cryptomonnaies saisies dans le pays. C’est ainsi que la disparition des 22 BTC de Gangnam a été découverte.
Complicité interne ou faille de sécurité ?
L’agence de police provinciale de Gyeonggi Bukbu a ouvert une enquête interne approfondie. Deux pistes sont privilégiées :
- La piste interne : Quelqu’un disposant des clés privées ou de la phrase de récupération (seed phrase) aurait pu effectuer le transfert.
- La cyberattaque : Une fuite de données passée aurait pu permettre à des hackers de récupérer les informations nécessaires pour vider le portefeuille à distance, même sans posséder la clé USB physique.
Posséder physiquement un « cold wallet » ne garantit rien si la phrase de récupération est stockée sur un ordinateur ou une feuille de papier accessible. Dans le monde du Bitcoin, « celui qui possède les clés possède les fonds ».
Ce qu’il faut retenir
Cette affaire souligne l’urgence pour les gouvernements de former leurs agents aux spécificités de la blockchain. Stocker des millions de dollars sur une simple clé USB dans un tiroir sans protocoles de multisignature (nécessitant plusieurs validations pour un transfert) semble aujourd’hui être une erreur de débutant que la police de Séoul paie au prix fort.











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