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LE FORMAT GENERAL EN 24 MINUTES

France : est-il vraiment interdit d’utiliser son GPS de smartphone au volant ?

GPS sur smartphone : autorisé si fixé, mains‑libres exigé, manipulation strictement interdite — Guide pour entreprises et conducteurs


L’usage du GPS sur smartphone en voiture s’est banalisé. Mais sécurité et responsabilité imposent des règles claires : le téléphone peut servir de guidage s’il est fixé et utilisé en mode mains‑libres, tandis que toute manipulation en roulant reste strictement interdite. Pour les entreprises, managers et indépendants qui envoient des salariés en déplacement, il est essentiel de traduire ces principes en politiques opérationnelles. Ce guide rassemble enjeux, bonnes pratiques et pistes d’innovation pour concilier mobilité, productivité et sécurité.

Pourquoi cette règle est devenue la norme
La distraction au volant représente une cause majeure d’accidents. Le simple fait de manipuler un écran réduit la capacité d’anticipation et augmente le temps de réaction. Autoriser le GPS fixé mais interdire la manipulation vise à préserver l’aide à la navigation — utile pour éviter les erreurs de trajectoire — sans multiplier les situations de distraction. Pour les entreprises, cela réduit les risques juridiques et humains liés aux déplacements professionnels.

Cadre légal et responsabilités
En France (comme dans de nombreux pays européens), la législation sanctionne l’usage d’un téléphone tenu en main lors de la conduite. L’installation d’un appareil sur un support fixé, visible sans être tenu, est généralement considérée comme compatible avec l’obligation de ne pas manipuler un téléphone en roulant, sous réserve qu’elle n’entrave pas la vue du conducteur. Au‑delà de la réglementation routière, l’employeur a une obligation de sécurité envers ses salariés : il doit évaluer les risques, informer et mettre en place des mesures adaptées lors des déplacements professionnels.

Consignes pratiques pour les conducteurs
– Fixer le smartphone sur un support stable, positionné sans gêner la visibilité et sans obstruer airbags ou commandes.
– Configurer la destination et le mode de guidage avant de démarrer le véhicule.
– Utiliser systématiquement le mode mains‑libres (Bluetooth, assistant vocal, commandes au volant) pour les appels et instructions.
– Ne jamais manipuler l’appareil en roulant : pour modifier l’itinéraire ou consulter un message, s’arrêter sur un emplacement sûr ou confier la tâche à un passager.
– Activer le mode « Ne pas déranger » ou les applications spécifiques qui filtrent les notifications durant la conduite.

Pour les managers : rédiger une politique claire et applicable
Les entreprises doivent traduire ces règles en politiques pratiques pour les collaborateurs en mobilité :
– Définir une règle simple et visible : « GPS autorisé s’il est fixé — manipulation interdite ».
– Former les conducteurs aux bonnes pratiques, aux fonctionnalités mains‑libres et aux procédures en cas d’incident.
– Fournir ou recommander des supports de qualité et des kits mains‑libres certifiés.
– Intégrer la règle dans les plans d’accueil, les contrats de travail ou le règlement intérieur pour les salariés en déplacement.
– Prévoir un dispositif disciplinaire proportionné et des démarches d’accompagnement plutôt que punitives.

Outils technologiques et innovations à adopter
Plusieurs solutions aident à faire respecter la consigne :
– Solutions MDM/MDM pour flottes (gestion des appareils, blocage d’applications en conduite).
– Applications de conduite sécurisée et profils « véhicule » qui coupent les notifications.
– Boîtiers télématiques qui détectent l’usage du smartphone et alertent l’employeur en cas de manquement (avec respect de la vie privée).
– Intégration smartphone-voiture (Android Auto, Apple CarPlay) qui offrent interfaces vocales et commandes simplifiées.
Ces technologies doivent être déployées en respectant le cadre RGPD et en informant les salariés des finalités du traitement.

Aspects RH, assurance et conformité
En cas d’accident lié à une manipulation de smartphone, l’entreprise et le salarié peuvent être exposés. Une politique claire réduit le risque de mise en cause, mais nécessite :
– Une traçabilité des consignes (formations, signature des documents).
– Des clauses dans les contrats de mission précisant les obligations en matière de sécurité routière.
– Une coordination avec l’assureur pour vérifier les couvertures lors des déplacements professionnels.
– Une attention particulière au traitement des données de localisation : limiter la collecte, définir une durée de conservation et assurer la transparence vis‑à‑vis des salariés.

Innovations et perspective « futur du travail »
La montée des assistants vocaux, des véhicules connectés et des aides avancées à la conduite (ADAS) réduit progressivement la contrainte d’un écran tenu en main. À moyen terme, la généralisation des interfaces intégrées et l’arrivée de véhicules semi‑autonomes modifieront les pratiques professionnelles. Mais tant que le conducteur reste responsable, la règle reste simple : éviter toute manipulation manuelle.

Checklist opérationnelle pour l’entreprise (à mettre en place immédiatement)
– Rédiger et diffuser la politique « GPS fixé — mains‑libres obligatoire ».
– Fournir ou subventionner supports et dispositifs mains‑libres.
– Mettre en place une formation obligatoire pour les conducteurs.
– Activer des profils sécurisés sur les smartphones professionnels.
– Documenter les incidents et réviser la politique au moins une fois par an.


Autoriser le GPS sur smartphone tout en interdisant sa manipulation est un compromis pragmatique entre utilité et sécurité. Pour les entreprises, la clé réside dans la formalisation de règles simples, la formation des salariés et l’usage intelligent des technologies. Bien appliquée, cette approche protège les personnes, limite les risques juridiques et concilie mobilité et performance. Pour aller plus loin, retrouvez nos ressources et modèles de politique sur www.leformat24.fr.

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